« Faire face aux nouveaux enjeux et aux nouvelles menaces dans les régions frontalières à travers le renforcement de la confiance et de la coopération régionale »

Madame la Présidente, mes chers collègues,

Les évènements récents ont malheureusement démontré toute l’acuité du thème retenu pour notre conférence d’automne en Asie centrale : « Promouvoir le dialogue sécuritaire en Asie centrale et au-delà ».

En effet, la revendication par Daech de l’attentat meurtrier perpétré contre des cyclistes européens et américains, fin juillet, au Tadjikistan nous indique que l’Asie centrale n’est pas épargnée par la barbarie terroriste.

La participation de ressortissants d’Asie centrale à certains attentats commis depuis 2016 avait déjà mis en lumière, hélas,  la pénétration de la radicalisation dans cette région.

Les pays de l’Asie centrale, comme les pays occidentaux, ont vu certains de leurs citoyens soit être endoctrinés, radicalisés à distance (le plus souvent via des prêches islamistes ou par internet) soit quitter leur pays pour rejoindre les rangs de Daech. On estime à environ 2000 le nombre de centrasiatiques partis au Levant, auxquels s’ajoutent les Tchéchènes.

Ces pays, comme les pays occidentaux, sont désormais confrontés au retour de certains de leurs citoyens partis faire le « Djihad ».

Parmi eux, certains demeureront éternellement acquis à cette idéologie mortifère et reprendront leurs activités meurtrières dès qu’ils en auront l’occasion, cherchant d’autres terrains, d’autres théâtres de guerre.

D’autres, toutefois, reviennent déçus de leur expérience au Levant ou des défaites de l’organisation. Moins profondément imprégnés par cette idéologie ou mus par des motivations plus pragmatiques, économiques par exemple, un repentir, une déradicalisation et une réinsertion sont possibles selon des procédures qui combinent l’intervention des tribunaux et, le cas échéant, la possibilité d’un pardon politique.

Dans le cadre de la gestion de ces « revenants », qu’il s’agisse d’hommes, de femmes ou d’enfants, la question de la coopération dans le domaine du renseignement et dans le contrôle des frontières est fondamentale, surtout pour ceux des pays ayant une frontière avec l’Afghanistan.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, en décembre dernier, la Résolution 2396 traitant de ce défi, de ce problème du retour des terroristes. Elle impose notamment aux États de collecter les données API et PNR, de développer des bases de données des terroristes connus ou suspectés, de développer également des systèmes destinés à récolter les données biométriques et de partager ces informations bilatéralement et multilatéralement.

C’est dans ce contexte que le comité de lutte contre le terrorisme de notre Assemblée, présidé par Makis Voridis, après avoir présenté une résolution relative à la prévention et à la lutte contre le terrorisme, adoptée lors de la session plénière de Berlin, a souhaité contribuer à l’œuvre commune de lutte contre le terrorisme et impliquer les parlements nationaux via leurs représentants à l’AP OSCE : à savoir NOUS.

C’est au travers de la mission de contrôle du gouvernement par le Parlement que les choses peuvent avancer et évoluer.

Le secrétariat international vous a envoyé, à la fin de la semaine dernière, des propositions de questions à soumettre à vos gouvernements. Nous vous demandons de bien vouloir nous transmettre les réponses qui auront été faites à ces questions.

Concrètement, il s’agira d’interroger nos gouvernements respectifs afin de connaître le niveau d’application des engagements souscrits (au regard en particulier de la résolution 2396) en matière de lutte contre le terrorisme et de sécurisation des frontières.

Cela permettra de connaitre et faire connaitre les efforts engagés par nos gouvernements, partager les bonnes pratiques mais également d’identifier les domaines dans lesquels nos gouvernements ou, nous tous, législateurs, devons intervenir pour combler des lacunes juridiques. Cela sera également l’occasion de déterminer les domaines dans lesquels une assistance, juridique ou technique, serait requise : aide qui pourra être fournie par d’autres Etats membres ou les structures de l’OSCE.

Au nom du comité de lutte contre le terrorisme, nous comptons sur vous pour cet exercice !

Je vous remercie.

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