J’ai déposé un amendement important favorisant l’étude de la radicalisation en milieu carcéral.

Cet amendement, présenté dans le cadre de la loi de programmation 2018–2022 et de réforme pour la justice, a été défendu par son collègue François Jolivet (député LREM de l’Indre) et adopté ce mardi en séance à l’Assemblée nationale après l’avis favorable de la rapporteure Laetitia Avia et de la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet.

Membre du comité de lutte anti-terrorisme de l’AP OSCE (Assemblée parlementaire de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et souvent présentée par ses pairs comme une spécialiste des questions de sécurité à l’Assemblée nationale, Aude Bono-Vandorme connaît bien son sujet. En automne 2018, à Bishkek (Kirghistan), elle avait prononcé un discours remarqué devant l’Assemblée de l’OSCE sur le renforcement de la confiance et de la coopération régionale face aux nouvelles menaces dans les régions frontalières aux pays de l’Union.

Aujourd’hui en France, la recherche portant sur les processus de radicalisation est difficile tant l’accès aux protagonistes de ces recherches est toujours contraint. Pourtant, de nombreux universitaires s’accordent à dire qu’une connaissance plus fine et scientifiquement fondée de la population carcérale radicalisée ou en cours de radicalisation permettrait de mieux prévenir ce phénomène. De mieux en connaitre la racine.

C’est tout l’objet de l’amendement n°601, qui va désormais permettre aux chercheurs d’avoir accès aux lieux de détention pour ainsi mieux étudier les mécanismes du passage à la radicalisation et renforcer la pertinence des données et des connaissances sur le sujet.


C’est très important pour nous d’avoir le regard d’universitaires, de chercheurs, qui peuvent nous éclairer du substrat de leur pensée. J’émets un avis favorable à cet amendementNicole Belloubet, Garde des Sceaux, ministre de la Justice.


La commission avait émis un avis défavorable sur cet amendement mais il est vrai que les pistes que vous évoquez et que vous souhaitez vouloir voir développer dans le cadre de ces recherches semblent intéressantes et c’est pourquoi j’émettrai un avis favorableLaetitia Avia, rapporteure de la commission des lois.


C’est donc un pas de plus dans cette lutte contre la radicalisation, qui sévit particulièrement dans le milieu carcéral. Selon les chiffres 2017 du Gouvernement, 349 auteurs d’infractions à caractère terroriste sont actuellement en détention (contre 90 en 2014) et 1 336 détenus sont identifiés comme radicalisés, contre 700 en 2015.

Dans ce contexte, il est urgent d’agir et de repenser l’approche de prévention et d’accompagnement des personnes prises dans cet engrenage.

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